dimanche 29 juillet 2012

I.C.U

Devant la poste de Saint-Émilion
Il est 17h. Nous sommes fourbus. Nous avons passé la fin de semaine à repeindre et réorganiser notre bureau. Mission presque accomplie. Mon beau Isaak doit venir fermer un mur, et on attend une nouvelle bibliothèque. Au moins c'est blanc et lumineux. Et moi je suis entrée au bercail. J'avais descendu mon bureau en bas l'hiver dernier, car j'avais besoin d'air. Et bien en bas c'était trop sombre. Et j'étais trop seule. Je suis remontée retrouver MA. Il est content et moi aussi.

J'ai eu envie d'écrire en écoutant cette chanson que j'ai découverte cet été.

Les filles seront de retour demain. Cette petite parenthèse a été très productive, en plus de nous avoir fait un grand bien à MA et moi. On a vu personne, parlé à parlé à personne et nous ne sommes sortis qu'à la quincaillerie. MA avait même coupé Internet pour être sûr qu'on ne serait que tous les deux. On pouvait être hors de tout en paix, car  je sais que les filles sont hyper bien avec Cousin et Cousine, MC et FB. Cela dit, j'ai hâte de les retrouver!

Hier soir, nous avons vu un film d'Anne Fontaine, Mon pire cauchemar, avec Isabelle Huppert, que je trouve si belle et qui me fait penser à mon amie Michèle. Notre vendredi soir a été occupé avec Les vents contraires, qui nous a remués. Alors samedi, on a fait plus léger.

Découvert aussi cet été: le bordeaux blanc, que je préfère au rouge. C'est ce que MA vient de m'apporter. Santé!

vendredi 27 juillet 2012

Simone


Banyuls, France

Quand j'ai rencontré MA, en 1995, je lisais La mort de Virgile, d'Hermann Broch. Tout de suite après, j'avais lu Mémoires d'une jeune fille rangée. Presque 20 ans plus tard, je suis à lire la suite: La force de l'âge. C'est passionnant de suivre le processus qui a accouché de Sartre et Beauvoir. En fait, c'est fascinant de voir ce qu'ils n'étaient pas et ce qu'ils sont devenus. Mais ce qui me plaît par-dessus tout, c'est sans nul doute de les suivre dans leur découverte du monde (mais je ne comprends rien à leur conception du couple, c'est pour moi du vrai charabia). En ce moment, Simone fait le même trajet que nous avons fait: elle est partie de Paris,  visite quelques châteaux de la Loire et se rend jusqu'en Espagne. Je revisite avec elle, avec ses yeux, des lieux vus. Par contre, elle a vu l'Andalousie, pas moi. Je ne crois pas avoir beaucoup de points communs avec Simone de Beauvoir, mais plusieurs passages m'éclairent et traduisent ce que je sens, surtout en voyage. Hier soir, ce passage m'a frappée:

Sartre avait autant de curiosité que moi, mais moins gloutonne. À Tolède, après une matinée diligente, il aurait volontiers passé l'après-midi à fumer sa pipe sur la place Zocodover. Moi, j'avais tout de suite des fourmis dans les jambes. [...] J'avais entrepris de tout connaître du monde et le temps m'était mesuré, je ne voulais pas gaspiller un instant.  [...] J'ignorais les demi-mesures; dans les régions que nous n'avions pas rejetées, par décret, au néant, je n'établissais pas de hiérarchies; de n'importe quoi, j'attendais tout: comment accepter de ne rien manquer? [...] "À quoi bon voyager? on ne se quitte jamais", m'avait dit quelqu'un. Je me quittais; je ne devenais pas une autre, mais je disparaissais. Peut-être est-ce le privilège des gens sans cesse en proie à des projets, que ces trêves où soudain le temps s'arrête, où l'existence se confond avec la plénitude immobile des choses: quel repos! quelle récompense!

Et il y a son besoin d'être seule, de marcher seule en randonnée, d'être dans le silence. Elle n'en souffre pas. À travers ses mots, j'entends mon boulanger de Coarraze  me dire: Plus on est nombreux, moins on est libres.

Parlant d'être seule, les filles partent cette fin de semaine et ça me fait un petit trou au coeur et une boule dans mon ventre. Leur valise est prête, on a fait le plein de câlins hier. Même ma grande Marguerite est venue se coller près de moi. Éléonore, elle, a chassé son papa de son lit et a dormi collée. 

Bon week-end!


jeudi 26 juillet 2012

Hôtel du cirque de Gavarnie, Béarn
Une amie lit ce blog, qui lui a fait penser à moi. Il y a plein de belles choses que j'aime, toutes choisies avec soin.
Je ferais des kilomètres pour les meubles.


Sur la photo, ma fille est moi en grande conversation. Remarquez le brouillard dans la fenêtre. C'était un bon moment, entourés d'animaux empaillés...

Les bienfaits d'une promenade

Cirque de Gavarnie, Béarn
Après avoir travaillé un peu, je suis allée marcher avec Éléonore. J'en ai profité pour aller visiter les moniales dominicaines histoire d'organiser le concert qui aura lieu dans leur chapelle pour la dernière fois puisqu'elles déménagent à Shawinigan - les chanceuses. Mine de rien, cela m'a fait du bien de parler avec la soeur prieure. On a parlé de Bach et des Stabat mater: elle a mis des mots sur les émotions que j'ai quand j'écoute Bach. Et elle m'a conseillé d'écouter Thomas Tallis. Ça tombe bien, j'avais envie de découvertes. Et puis elle m'a parlé des changements que la vie apporte, des deuils à faire. Son calme et son sourire m'ont fait du bien. C'est simple la vie. Me voilà de retour au travail.




Procrastination

Je procrastine. J'ai un tas de travail, la maison est un bordel, mon bureau déborde de papiers de toutes sortes dont je dois m'occuper... mais moi je procrastine. J'aurais envie d'aller marcher, de regarder pousser mes aubergines et mûrir mes tomates, de préparer de délicieuses recettes, n'importe quoi mais pas travailler!!! Que m'arrive-t-il?

Sur la photo, les filles et moi à San Sebastian, belle découverte.

lundi 23 juillet 2012

Revenir

Nous voici de retour depuis une semaine. Note à moi-même: dans le futur, mieux préparer mon retour. Cette année, revenir n'est pas facile du tout. Non, je n'ai pas envie de voir la porte de garage qui doit être remplacée, je n'ai pas envie de voir les galeries qui sont à refaire, le bureau à repeindre, bla bla bla. Me réinstaller dans ma réalité n'est pas agréable cette année. Cela dit, comme je ne suis pas une personne déprimée, je sais que je reviendrai à moi-même, mais cette année, c'est plus long que prévu.

Alors le truc est de nous réserver des moments agréables. Cette fin de semaine, nous sommes allés faire une petite randonnée d'une dizaine de kilomètres au parc du Mont-Tremblant, secteur Pimbina. Nous étions avec nos amis Jules, Diep et leur petit Éloi. Antoine, le grand parleur, n'était pas là pour nous raconter tous ses fabuleux exploits! Nous avons pique-niqué (oui, encore!!!) près de la chute-aux-rats. Mmmm, je pense encore à ma salade de betteraves que j'aurais dû prendre en photo tellement elle était belle et délicieuse: betteraves deux couleurs, oignons blancs doux coupés finement, estragon frais, basilic, persil, jus de citron, huile d'olive, sel et poivre. Le goût anisé de l'estragon frais se marie parfaitement avec la betterave. Et puis on avait des sandwichs au thon et quelques autres crudités.

Une fois la randonnée faite, nous avons relaxé près du lac - certains braves se sont baignés. Sur la route du retour, nous avons pris un petit café et des douceurs à la boulangerie St-Donat - leur pain noisette, chocolat, raisins est juste parfait! Un jour, nous nous y étions arrêtés avec les filles. Maintenant, il faut s'y arrêter chaque fois qu'on passe par là, cela fait maintenant partie des habitudes. St-Donat est un petit village très vivant, avec encore une âme, et pas encore surfait.

Hier, nous avons revu Ben et Marraine, que nous avions quittés à Asson. On a bu de la sangria assis à l'ombre du grand sapin de la cour. Le projet d'hier de MA était de faire de la sangria, ce qui fut fait... et bu. Le truc, c'est de chercher des moyens de prolonger l'esprit des vacances. C'est aussi important pour les filles, qui ont encore quelques semaines de liberté devant elles.

D'ailleurs, elles ont très hâte de partir au Mont-Tremblant cette fin de semaine avec cousin Émilie, cousine Justine, FB et MC. Un défi les attend cependant: monter à pied le Mont-Tremblant. Durant les vacances, toutes les randonnées que nous avons faites avaient pour but de les préparer à cette montée, qui n'est pas si facile...

Ils sont mignons les petits bonbons de la photo, n'est-ce pas? Chacun d'entre eux a un fin goût fruité. Je les ai achetés chez Rocambolesc, à Girona. Manger une glace dans ce petit endroit aux glaces hyper figurait sur les liste des choses à faire à Girona. Ces glaces sont l'oeuvre des trois frères Roca, connus pour leurs trois étoiles au guide Michelin. Histoire de ne pas faire un trou béant dans notre budget voyage, nous nous sommes rabattus sur leurs glaces, que nous avons dégustées assis ici à regarder les allées et venues des promeneurs et des pigeons.


vendredi 13 juillet 2012

Fermer la parenthèse

Aujourd'hui, nous avons pris la journée pour refermer tout doucement la parenthèse qu'ont été nos vacances. Les filles ont une certaine hâte de rentrer, mais elles ressentent un peu de mélancolie à l'idée de mettre fin à de si belles aventures.

J'écris de la chambre des filles. Le soleil filtre à travers les persiennes et un bon vent entre dans la pièce. Au loin, des enfants jouent et des chiens jappent.

Il est 19h19 ici. Notre dernier jour ici a été occupé à faire une promenade dans la ville. Nous avons visité les bains arabes et le musée du cinéma, qui raconte de façon ludique et interactive les début du  du cinéma. Les filles y ont trouvé leur compte, et nous aussi. La journée était douce, rigolote, tranquille. Quand les vacances tirent à leur fin, c'est le moment où chaque membre de la famille a trouvé sa place, où les filles sont complices, où MA et moi on peut se retrouver, ou on est bien ensemble, en équilibre.

Maintenant, nous nous reposons avant de sortir souper à 21h00. Nous irons à pied manger ici, c'est à 5 minutes de là où nous habitons. Ce repas au resto sera bienvenu après toutes les salades de pâtes et sandwichs que nous avons mangés! Les valises sont presque toutes bouclées, la maison est nettoyée, le lunch de demain est prêt. Bien oui, un autre lunch, car à l'aréoport de Barcelone, la nourriture n'est pas terrible, et ce qu'on sert dans l'avion, ça craint. Vaut mieux faire preuve d'autonomie.

Hier, nous avons profité d'une belle journée ensoleillée pour retourner à Calella de Palafrugel, mais avant d'aller nous plonger les pieds dans l'eau, nous nous sommes arrêtés visiter le Castell Gala Dali à Pubol. Comme on avait raté Dali à Figueres, nous sommes allés voir Gala. Plusieurs rêvent d'un château en Espagne, Gala en a reçu un de Dali! Pour rendre visite à sa femme adorée, il devait d'abord y être invité. Dali a décoré l'endroit, conçu les éléments du décor, et les plantes du jardin ont été soigneusement choisies par Gala. Rien dans cet endroit étrange et singulier n'a été laissé au hasard et rien n'a été fait sans l'accord de Gala. À sa mort, Dali a habité l'endroit, où il a créé ses dernières oeuvres.

Et puis nous avons gagné la mer. Je ne me lasse pas de la regarder. Éléo et moi avons exploré ce village de pêcheurs que le passage du temps n'a pas perverti. Leurs cabanes bordent encore les plages des petites criques, parfois occupées par des restos sympas, parfois par des familles que l'on voit prendre leur repas à une longue table. Éléo et moi cherchions donc la sole grillée. Un seul resto en avait au menu... À 16 heures, comme le soleil se cachait, nous avons décidé de déplacer nos pénates. Comme il était trop tôt pour souper, et que 20 heures était encore loin, nous avons décidé de rentrer à Gérone pour y trouver un resto, mais d'abord on devait faire le plein de grignotines apéritives à l'épicerie, si on ne voulait pas mourir de faim en attendant 20 heures. Dur, dur de se faire au rythme espagnol. J'ai l'impression que nous avions faim toujours trop tôt et pourtant, nous sommes réputés pour manger tard! Mais 19h00, c'est encore trop tôt pour manger ici.

Une fois à l'épicerie, exactement devant les aubergines, Marguerite me dit qu'elle préfèrait manger à la maison. Alors ce sera une ratatouille. Dieu merci, j'étais devant les aubergines et pas devant du boudin! C'est donc en parlant à mon amie Émilie sur Skype, que nous avons coupé nos légumes en tout petits morceaux pour que la cuisson soit moins longue. Et c'est en parlant à FB et MC sur Facetime que nous avons mangé cette ratatouille qui s'est avérée délicieuse accompagnée d'une bouteille de rosé de Collioure. Ce repas m'a fait oublier ma sole, qui n'aurait peut-être pas été à la hauteur...

Allez, la douche m'attend, le repas, le dodo et l'avion demain.

Éléo sait qu'elle téléphonera à sa grand-mère en arrivant dans sa jolie petite maison, comme elle dit, et qu'elle ira chercher sa chatte, Vanille. Et moi, et moi, bien je sais déjà que je ferai du lavage, des tonnes de lavage. Je pense à l'instant à mon petit potager, à mes fleurs, à mes fines herbes... Je suis déjà sur le chemin du retour.